Mardi 16 octobre 2007

Nous sommes en ce moment l’Eglise de Jésus rassemblée pour la célébration de la Messe. Comment devons nous être de mieux en mieux l’Eglise ? Jésus nous répond au cours de son dernier repas avec ses disciples (Jn 13, 31-35).

Jésus sait qu’il va mourir. Judas vient de quitter Jésus et ses compagnons pour rejoindre ceux qui vont arrêter Jésus. Jésus dit alors que le moment est venu où il va, en mourant et ressuscitant, glorifier Dieu son Père et être glorifié lui-même. Etre glorifié pour nous, c’est être admiré, applaudi, rempli de vanité, d’orgueil. Pour Jésus, c’est être reconnu et aimé pour ce qu’il est vraiment, le Fils bien aimé de Dieu. Et Dieu est glorifié en étant reconnu et aimé comme le Père de Jésus.

En mourant et ressuscitant, il va quitter ses disciples. Ou plutôt il ne sera plus présent avec eux d’une façon visible. C’est pourquoi il leur dit: « Je suis encore avec vous (visiblement), mais pour peu de temps ». Bientôt vous ne me verrez plus avec les yeux de votre corps, comme vous m’avez vu jusqu‘à présent. Cela bouleverse ses disciples, les rend tristes. C’est pourquoi Jésus, qui pourtant va souffrir et mourir, pense à eux plus qu’à lui-même. Il leur parle avec beaucoup d’affection. Il leur parle en leur disant: « mes petits enfants ».

Et il leur dit comment il va rester avec eux, comment il va continuer à être présent avec eux. « Je vous donne un commandement nouveau: c’est de vous aimer les uns les autres ». Jésus sera présent avec eux par l’amour qu’ils auront les uns pour les autres. Il leur parle d’un commandement. Nous n’aimons plus beaucoup entendre parler de commandement. Un commandement nous semble opposé à la liberté. Il nous semble supprimer la liberté de faire ce que nous voulons. Il nous semble contradictoire de parler en même temps de commandement et d’amour. L’amour nous paraît lié à l’envie. J’aime parce que j’en ai l’envie. Si je n’en ai pas l’envie, je ne puis pas aimer.

Pour Jésus le commandement n’est pas opposé à l’amour. En nous donnant le commandement d’aimer, Jésus nous dit que l’amour n’est pas une affaire d’envie. Nous ne devons pas aimer seulement quand nous en avons l’envie, quand cela nous plaît. En parlant du commandement de l’amour, Jésus nous montre qu’aimer est ce qui nous fait vivre, qu’aimer est notre vie, que nous ne vivons pas vraiment quand nous n’aimons pas.

En parlant de commandement, Jésus nous rappelle que notre bonheur est lié à l’amour, que si nous n’aimons pas nous passons à côté de la réussite de notre vie. Le commandement d’aimer nous rappelle l’importance de l’amour. Le commandement d’aimer ne nous rend pas esclaves. Il nous dit que nous sommes esclaves si nous n’aimons pas et que nous sommes libres quand nous aimons.

Ce commandement, dit Jésus, est nouveau. « Je vous donne un commandement nouveau ». Qu’est-ce que cela veut dire? Ce qui fait que le commandement d’aimer est nouveau, c’est que Jésus nous commande d’aimer comme lui nous a aimés. « Comme je vous aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». Il ne s’agit plus simplement d’aimer les autres comme nous nous aimons nous-mêmes, mais comme lui, Jésus, nous a aimés. A un autre endroit Jésus dit qu’il nous a aimés comme le Père l’a aimé lui. Nous devons donc nous aimer les uns les autres comme Dieu Père a aimé Jésus et comme Jésus nous a aimés.

L’amour que nous devons avoir entre nous n’est pas seulement la passion pour ceux qui nous attirent, la sympathie pour ceux qui nous plaisent, l’amitié pour ceux qui sont nos amis, le plaisir d’être avec ceux qui partagent nos idées, la gentillesse pour ceux qui nous rendent service, l’attrait pour ceux qui sont pleins de qualités. Jésus nous a tous aimés, avec nos qualités et nos défauts, avec notre générosité et nos péchés. Il ne nous a pas aimés parce que nous étions aimables, mais pour que nous devenions aimables. Il nous a aimés non parce que nous étions bons et saints, mais pour que nous devenions bons et saints.

Il nous a aimés pour faire de nous des fils de Dieu, donc ses frères. Nous choisissons nos amis. Nous ne choisissons pas nos frères et nos sœurs dans notre famille. Nos frères et nos soeurs nous sont donnés et même imposés. Nous devons dès lors apprendre à les accepter avec leurs qualités et leurs défauts, à les aimer de plus en plus tels qu’ils sont. C’est ainsi que nous devons nous aimer, comme des frères et des sœurs.

« Comme Jésus nous a aimés ». C’est pour savoir de mieux en mieux comment Jésus nous a aimés que nous lisons et prions l’Evangile. Une bonne manière de lire l’Evangile est d’essayer de connaître, à travers ce qu’il fait et ce qu’il dit, comment Jésus a aimé ceux avec qui il vivait et comment il nous a aimés. Dans l’Evangile d’aujourd’hui par exemple nous découvrons l’affection avec laquelle il a aimé ses disciples au moment de les quitter, et avec laquelle il nous aime toujours: « Mes petits enfants... »

Jésus termine en disant: « Ce qui montrera à tous les homme que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous vous aurez les uns pour les autres ». Prier, aller à la Messe le dimanche et les jours de fête, demander pardon de nos péchés dans le sacrement de la réconciliation, sont indispensables, parce que cela nous permet de nous aimer les uns les autres, et par là de montrer que nous sommes disciples du Christ, c’est-à-dire chrétiens.

Par le baptême, la confirmation, l’Eucharistie, et les autres sacrements, nous formons l’Eglise de Jésus. En s’adressant à ses disciples présents avec lui au repas qui a précédé sa mort, c’est à nous que Jésus s’est adressé. Quand nous nous aimons les uns les autres, Jésus est avec nous. Quand nous nous aimons les uns les autres, nous sommes son Eglise, nous la rendons plus authentique, nous la rendons plus belle et vivante. De temps en temps, dans nos réunions et personnellement, il est bon que nous nous demandions: « Comment nous aimons-nous les uns les autres dans la paroisse? ». « Comment est-ce que j’aime les autres dans la paroisse? ». « Que devons-nous faire pour mieux nous aimer? »

Contempler Marie nous permet de mieux comprendre ce qu’est un tel amour. Elle est le modèle et la mère de l’Eglise en particulier par la manière dont elle a aimé les disciples de Jésus formant la première Eglise et dont elle aime continuellement les membres de l’Eglise de son Fils. C’est à cause de cet amour que tout au long des siècles les chrétiens sont allés vers Marie dans les églises et les chapelles qui lui sont dédiées, ont eu le souci de garder, de restaurer, de vénérer ses images et ses statues.

C’est à cause de cet amour pour les disciples de Jésus que les chrétiens ont prié Marie sous des formes diverses, comme sont le chapelet ou les processions. En entourant, en priant, en chantant Notre Dame, nous lui demandons de mieux nous aimer les uns les autres. « Sainte Marie, mère de Jésus et mère de l’Eglise, nous te remercions de ton amour pour nous et nous te demandons de savoir nous aimer les uns les autres de mieux en mieux afin que nous soyons par là l’Eglise et les témoins de ton Fils Jésus ».

Par suzanne - Communauté : Les blogs citoyens
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